Technique





Sous la peau de fer se cache la terre des pots.
L'agressivité de la mécanique est due à la douceur de l'argile.
Si dans certaines sculptures le verre, le bois, le papier contrastent avec cette fausse ferraille, le matériau de base est toujours cette glaise qui dort sous nos pieds.
Extraite des carrières de La Puisaye (centre de la France), lavée, tamisée, désaérée, pressée, malaxée, chamottée, elle devient matériau du sculpteur. 
Mon atelier est avant tout un atelier de céramiste : four, crouteuse, tour, étireuse, colombineuse, mirettes, estèques, ébauchoirs mais surtout des doigts qui touchent, qui caressent, poussent, tirent, enfoncent et ce sont le plaisir, la complicité avec cette terre qui libèrent le travail.
Une sculpture est d'abord imaginée, pensée, dessinée.
Le dessin permet de fixer la répartition des volumes, de distribuer les différents porte-à-faux, de déterminer la place des renforts internes (plaques de terre un peu durcies) qui soutiendront la masse entière de la pièce pendant son élaboration.
La sculpture a souvent pour base un corps obtenu par estampage dans un moule en plâtre.
La prise d'empreinte est un moment fort ; le négatif en plâtre va permettre une reproduction intense du corps : grain de peau, pliures, veines, volumes, creux, cicatrices.
D'autres moulages de parties animales, végétales, mécaniques vont être utilisés ; carters, engrenages, axes, poulies, bielles vont se greffer sur le corps.
La juxtaposition de ces ordinaires va créer l'étrange.
La mécanique nous envahit, l'artifice vampirise le naturel.
Et c'est cette pauvre terre qui va enrichir l'imaginaire.
Séchée lentement, cuite, recouverte d'oxydes de fer, de cuivre, manganèse, recuite : la terre à grès va définitivement se vitrifier et sonner comme de la fonte.